Express du Pacifique / Édition du 10 mai 2010 / Dans les rues de Little India

La communauté sikh de Vancouver vient de célébrer le festival religieux Vaisakhi (Baisakhi), marquant le début de la nouvelle année. L’occasion de revenir se promener au Punjabi Market, particulièrement délaissé pendant les Jeux olympiques.

Les Vancouvérois la surnomment « Little India ». Une petite portion de Main street, située entre les 49e et 51e avenues, prise d’assaut lors du festival Vaisakhi le mois dernier. L’ambiance qui y régnait a été un parfait régal pour les sens. Vêtements, parures, décorations, plats cuisinés : les festivités ont permis une immersion dans la culture hindoue sous différentes coutures. Retrouvailles et communion pour les uns, découverte pour les autres, le Punjabi Market a vécu quelques heures d’excitation partagées entre amis et familles. Un bon moment également pour laisser son regard se faufiler dans les boutiques de vêtements, tissus et bijoux traditionnels hindous.

L’entreprise familiale Guru Bazaar Sarees & Fabrics est une des premières à ouvrir ses portes, en 1970. Depuis plus de trente ans, cette « caverne d’Ali Baba » regorge de tissus, de saris et de costumes Punjabi en soie ou en polyester, toujours aussi prisés par une clientèle fidèle.

Derrière son comptoir, Sunny Khurana ne manque pas de mentionner que ses « produits proviennent de presque toutes les régions en Inde. Certains sont même confectionnés à la main ». Dans son magasin, des clients flânent, discutent, interrogent les vendeurs sur la disponibilité d’une teinte ou d’une texture donnée. « La clientèle du Punjabi Market est majoritairement d’origine hindoue. Toutefois, elle a tendance à se diversifier, et de plus en plus de personnes s’y rendent pour découvrir les particularités du marché et profiter des bas prix », ajoute Guru, visiblement très occupé à renseigner les . Il est en effet possible d’acquérir un ensemble de saris pour un peu plus que 35 $. « Une aubaine », remarque une cliente.

Une découverte culinaire

Lorsqu’on évoque la célébration de Vaisakhi, il est impossible de passer outre l’aspect culinaire. Le festival a en effet été l’occasion pour tous les restaurants qui se trouvent sur le Punjabi Market de rappeler la richesse des plats indiens offerts aux passants. Les différents kiosques de nourriture affichaient des files d’attente de plusieurs mètres, mais les plats présentés, de même que les odeurs qu’ils dégageaient valaient amplement l’attente nécessaire pour y avoir accès. Néanmoins, il était également possible de savourer les incontournables de la cuisine indienne à l’intérieur des restaurants : le traditionnel pain Naan, le Dar Tarka, le Mutter Panneer, sans oublier le Butter Chicken. L’expérience de la culture hindoue y est certainement complète si l’on tient compte les films bollywoodiens projetés pendant le repas. En marge des restaurants, le Punjabi Store titille les narines à l’appel des parfums d’anis, de curry, de cumin, ou encore de gingembre. Il offre également différents types de fruits, légumes et d’autres produits essentiels à la gastronomie hindoue.

L’impact des JO

La parade de la Vaisakhi, qui partait du temple sikh à Ross street pour se terminer sur Main street au niveau de la 49ème rue, a contribué à redonner vie à ce quartier, délaissé pendant les Jeux olympiques. « Cette période a été la pire pour nos affaires, malgré les grands espoirs suscités par la tenue des Jeux. Nous n’en avons pas vraiment bénéficié », avancent les commerçants.

Les marchands déplorent surtout le manque de visibilité du quartier. Bien qu’étant une destination importante dans le commerce et le tourisme de Vancouver, le Punjabi Market n’a pas bénéficié de la médiatisation qu’il escomptait. « Toutes les activités étant concentrées dans le centre-ville, l’achalandage des boutiques a donc été significativement réduit », soulignent-ils encore.

Cette situation laisse entrevoir les difficultés auxquelles le Punjabi Market fait déjà face. La notoriété de Little India ne rivalise certainement pas avec celle de Chinatown situé au centre-ville sur Main Street. Avec son marché de nuit très prisé et ses nombreux commerces de nourritures exotiques, Chinatown n’est pas uniquement un lieu de shopping, mais offre aussi l’expérience de l’histoire et du dynamisme de la culture chinoise.

L’Association des commerçants du Punjabi Market s’efforce donc de construire une image forte, notamment à travers des célébrations tel que le festival Vaisakhi. Daljit Sidhu, président de l’association, estime que d’importants efforts restent à faire. Il encourage et soutient ses membres pour le développement de nouveaux modes de communication afin d’attirer une nouvelle clientèle et ainsi redorer le blason de Little India.

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