La Source/ Edition du 11.12.10 /Kodo, l’art de faire battre les cœurs au rythme des percussion

Le groupe de percussionnistes japonais Kodo offre des prestations aux rythmes des tambours. Ces instruments représentent bien plus que de la simple musique dans la culture japonaise. En effet, ils marquent aussi bien les limites physiques que l’imaginaire collectif du village, de la communauté. « Le tambour est un outil rituel important au Japon et il était joué chaque fois qu’une communauté avait besoin de se réunir. Si vous pouviez entendre le son du tambour, cela signifiait que vous faisiez partie de la communauté », souligne Jun Akimoto membre du Groupe Kodo. Le groupe transforme de cette manière son public en un authentique village à chacune de ses représentations. Connu pour son style unique qualifié de feux d’artifice de percussion, Kodo revient en Amérique du Nord de janvier à mars 2011. Ainsi, dans le cadre de cette tournée qui marque ses 30 années d’existence, Kodo fera retentir ses tambours à Vancouver le temps d’une prestation au Queen Elizabeth Théâtre le 28 janvier prochain avec de toutes nouvelles pièces musicales. Les performancesBien que l’instrument principal des performances soit le tambour Taiko, d’autres instruments musicaux japonais traditionnels tels que le fue et le shamisen font une apparition sur scène comme le font la danse traditionnelle et la performance vocale. Aussi, les prestations de Kodo comprennent des pièces sur la base des rythmes traditionnels de différentes régions du Japon, de même que des pièces composées pour Kodo par des auteurs contemporains et des pièces écrites par les membres de Kodo eux-mêmes.

Les origines du groupe

En japonais, le mot «Kodo» possède deux significations: “les battements de cœur”, la source première de tous les rythmes et lorsqu’il est lu d’une manière différente, le mot peut vouloir dire “les enfants du tambour”, ce qui témoigne de la volonté de Kodo à jouer de leurs tambours avec l’innocence et le cœur d’un enfant. Depuis ses débuts, Kodo a donné plus de 3.300 représentations sur les cinq continents et s’efforce à la fois de préserver et de réinterpréter les arts traditionnels de la scène japonaise, et de les réinterpréter en intégrant les influences de différents styles et instruments musicaux rencontrés au cours de leurs différentes expériences à travers le monde.

La vie communautaire et l’apprentissage

Kodo, c’est aussi l’essence de la vie en communauté sur l’île Sado, une île au large du Japon sur la côte nord-ouest. Cette île a vu un afflux de nouveaux habitants, quand de l’or y a été découvert. De même, plusieurs siècles d’artistes et d’intellectuels en exil bannis par les dirigeants du Japon pour des raisons politiques, s’y sont installés. «  De nombreuses cultures sont tour à tour arrivées à Sado sur des milliers de navires de partout au Japon. Cela fait que la culture de l’île est très complexe et très intéressante », explique Akimoto, qui a travaillé avec le groupe pendant plus d’une dé-cennie. Il souligne l’importance du tambour Taiko : « Il fait partie de la vie des communautés, il unit les personnes entre elles et aussi les personnes avec la nature et même avec les dieux ». À la hauteur de cette philosophie, Kodo est bien plus qu’un groupe de musique qui se réunit pour des répétitions ou des visites comme d’autres groupes peuvent le faire. Il s’agit d’un village, d’une communauté basée sur le respect des autres et de l’environnement.

Les membres

Le groupe se compose actuellement de 55 membres, dont 24 interprètes (16 hommes, 8 femmes), 28 membres du personnel et 3 membres juniors. Les interprètes sont âgés de 23 à 59 ans. Les apprentis apprennent pendant deux ans à vivre ensemble en communauté. Après cette période, ceux qui ont été sélectionnés pour devenir membres juniors, suivent une formation de plus d’un an et s’exercent dans l’espoir d’être choisis, à la fin de l’année, pour faire partie de l’organisation Kodo.

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