ImpactCampus / Édition du 24.11.09 / Actualités / Quels médias à Québec dans cinq ans ?

Présentement sujet à d’importants changements modifiant fortement les modes de pratiques dans le domaine, le paysage médiatique québécois tente tant bien que mal de s’adapter à l’ère du numérique. Afin d’en faire état, la Société des communicateurs du Québec a organisé, le 18 novembre dernier, une table ronde sur le thème: quels médias seront toujours à Québec dans cinq ans ? Selon les invités, les médias font face à une évolution, une diffusion de plus en plus éclatée de l’information. Cette évolution est marquée par des changements dans les tâches du journaliste et les outils qui sont maintenant à sa disposition pour réaliser son travail.

Les participants à cette activité ont assisté à un débat durant lequel chacun des quatre invités a fait état de la situation du média qu’il représente. Monsieur Martin Éverell, journaliste pour TVA Québec, affirmait la suprématie de la télévision comme média qui s’est le mieux adapté au paysage actuel, tandis que Sylvain Bouchard, animateur à FM 93,3, déplorait la présence de trop de « joueurs sur la patinoire » dans le secteur de la radio par rapport au marché existant. Dans la même veine, François Bourque, du journal Le Soleil, a souligné que « les journalistes ne sont plus les seuls sur le terrain de la communication, les citoyens y sont de plus en plus présents ». René Houde, directeur de l’information à Québec Hebdo, a relevé quant à lui le fait que les tâches des journalistes changent et que l’adhésion aux changements ne se fait pas sans embûches, notamment pour les générations de journalistes les plus âgées.

Les différents invités se sont quand même accordés pour dire que les différentes évolutions en matière de technologie et de transmission de l’information ne devraient pas annihiler l’aspect distinctif des véritables journalistes: le code de déontologie. C’est-à-dire la volonté du travail bien fait, la recherche et l’investigation, qui soutiennent la rédaction d’un article de presse ou la diffusion d’une nouvelle.

Lorsque les invités devaient se prononcer sur la présence des médias dans cinq ans, tous les invités ont souligné la difficulté d’avoir une réponse formelle. Sylvain Bouchard a mentionné pour sa part que « les médias qui seront là dans cinq ans seront ceux qui seront plus branchés sur les personnes », opinion partagée par Martin Everell lorsqu’il avance que « le caractère distinctif des hebdos est leur proximité avec leur communauté ». Pour les organes de presse, la réalité sera tout autre, car les plus persistants seront ceux qui réussiront à diversifier leurs sources de financement tout en restant indépendants.

Pour les différents invités, il était évident que le consommateur récoltera différents gains de cette évolution, notamment en ce qui concerne de la diversification de ses sources d’information et l’interaction qu’elles permettent. Toutefois, il devra certainement faire un compromis entre cette diversification et la qualité des informations qu’il consommera. Une situation qui, selon les panélistes, peut être parfaitement illustrée par la couverture médiatique qui a été faite dans le cadre de la campagne de vaccination contre la grippe pandémique A ( H1N1 ).

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